TOUT PEUT S’OUBLIER - Olivier Adam - Éditions Flammarion
- Béatrice Arvet
- 15 juin 2021
- 2 min de lecture
Ses voyages au Japon ont inspiré à Olivier Adam plusieurs romans, reflétant la séduction d’un pays dans lequel il s’était reconnu. Ici, il en montre la « face cachée » en dénonçant un système judiciaire brutal qui, en cas de divorce, occulte totalement le père et la présomption d’innocence. Une variation sur la paternité aussi émouvante que captivante.

Nathan n’avait rien vu venir. Absorbé par son monde de cinéma, le gérant d’une salle art & essai sur la côte d’Émeraude n’a pas remarqué que son ex-femme préparait son départ. Un beau matin, Jun s’est évaporée avec leur fils Léo, sans laisser le moindre indice concernant sa destination. Complètement anéanti, il comprend finalement qu’elle est retournée au Japon, son pays natal où la loi protège les mères en ne donnant aucun droit au père. Le simple fait de s’approcher de leur résidence peut lui valoir d’être jeté en prison sans autre procès. Décidé à retrouver son fils coûte que coûte, convaincu d’arriver à un arrangement raisonnable avec cette femme qu’il a tant aimée, il engage un détective chargé de les localiser. Entre-temps il survit entre le visionnage des films à programmer et l’amitié de sa voisine qui, elle, a subi le départ d’un fils rebelle, ayant rejeté tout ce que ses parents représentaient.

Olivier Adam n’a pas son pareil pour transmettre l’attendrissement, l’amour ou le manque d’un père pour son enfant. L’injustice, la cruauté de prendre un petit innocent en otage, lui remuent les tripes et il trouve dans ce sujet matière à développer toute la palette de sentiments qui dévaste un homme privé, sans recours, de sa progéniture. Exit la garde partagée conclue avec un juge français, seule la loi japonaise prévaut avec une impartialité féroce.
Émaillé de réflexions sur l’actualité et de jolies références cinématographiques, ce roman désenchante la vision d’un pays de sérénité et d’harmonie. La beauté des paysages est toujours là, une manière de souligner l’antinomie entre l’envoutement ressenti par de nombreux visiteurs et l’inhumanité d’une justice implacable.
Béatrice Arvet
Article paru dans l'hebdo La Semaine du 12 mai 2021




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