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LE ROMAN DE JIM de Pierric Bailly - Éditions P.O.L

  • Béatrice Arvet
  • 19 déc. 2021
  • 2 min de lecture

Autour de l’éternelle question du père biologique ou adoptif, Pierric Bailly décrypte la variété des sentiments d'un homme, qui a accompagné les premières années d'un enfant. Un roman à fleur de peau pour décrire les liens mystérieux reliant deux êtres qui grandissent ensemble.


Aymeric a toujours pris la vie comme elle vient, en se laissant porter par les événements. Quitté par son premier amour, il avait dû interrompre ses études de psycho pour un séjour en prison où l’avait entrainé un trafic d’amiante. Enchainant les boulots en intérim, il noue une liaison avec Florence, ex rebelle, piercings, look rock, devenue infirmière. Il a vingt-cinq ans, elle, quarante et est enceinte de six mois. Absent du paysage, le géniteur est retourné à sa vie familiale. Progressivement, le couple s’installe dans une routine tranquille sans planifier quoi que ce soit. Après l’accouchement auquel il assiste, tourneboulé par sa violence, Aymeric apprend, petit à petit, les gestes pour s’occuper du bébé. Les années passent, il devient père à part entière au fil des multiples moments partagés, promenades dans les forêts du Haut-Jura, apprentissage de la nature, séances de bricolage ou de jardinage … jusqu’au jour où réapparaît le père biologique.

La paternité, vue par un homme, est toujours un sujet particulièrement attendrissant. En dévoilant un personnage un peu lunaire, mal adapté aux codes d’une société dans laquelle il faut se battre, Pierric Bailly sonde les tempêtes intérieures qui animent un individu fuyant les confrontations. Le roman se déroule sur plus de vingt ans, le temps pour Aymeric de se découvrir père, de trouver, enfin, sa place dans le monde, de sombrer, puis de se reconstruire. De cet univers rural, un peu dissident, de ces montagnes russes sentimentales, l’auteur de « L’homme des bois » fait un roman d’une sensibilité juste, sans pathos, dont le ressort narratif efficace accroche le lecteur jusqu’à la dernière ligne.


Béatrice Arvet


Article paru dans l'hebdo La Semaine du 8 juillet 2021


 
 
 

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