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LA MÉMOIRE DE NOS RÊVES de Quentin Charrier - Éditions Grasset

  • Béatrice Arvet
  • 4 mars 2023
  • 2 min de lecture

En s’attaquant au registre du trio, Quentin Charrier déploie une intrigue plus sociale que sentimentale, où chaque personnage est enfermé dans une prison fictive. Un premier roman qui ne manque ni d’ambition, ni de ressource.


Entre Simon, le fils de médecin et Franck le gitan, la connivence a été immédiate dès l’école primaire. Au lycée, ils ont rencontré Clarisse, dont ils sont évidemment tombés amoureux. Elle ne voyait que Simon, lequel pataugeait entre ses sentiments et les promesses qu’il espérait de la vie. Franck était rassurant, un amoureux fiable malgré un avenir de délinquant tout tracé. Quinze ans plus tard, en recevant l’appel lui annonçant la mort de ce dernier, Simon, la trentaine maussade, devenu professeur d’histoire, s’aperçoit que leurs trois destins se sont construits sur les failles de leur passé commun.

Quentin Charrier remonte le temps, à la recherche des occasions manqués, des moments de rupture, des tricheries, des renoncements, qui ont conduit ses héros dans une impasse existentielle. Éloignés les uns des autres, ils sont restés enchainés à leur jeunesse, dans une sorte de fidélité vaine à un époque révolue. La disparition de Franck servira-t-elle d’électrochoc ? Simon et Clarisse réussiront-il à dénouer les méandres d’un complexe de classe stérile ?

Quentin Charrier ne s’est pas laissé intimider par le thème du trio, récurrent dans la littérature. Son texte sensible, empreint de nostalgie, distille une palette de gris sans désespérer le lecteur, qui s’attache à cette histoire d’amour capable de résister au temps malgré la défaillance des rêves. Un auteur à suivre.


Béatrice Arvet


Article paru dans l'Hebdo La Semaine du 19 janvier 2023


REPÈRES


Né en 1984, Quentin Charrier a étudié l’histoire et les relations internationales. Il enseigne depuis 10 ans en milieu rural ou en quartier prioritaire. « La mémoire de nos rêves » est son 1er roman.

 
 
 

1 commentaire


Denis Fournier
Denis Fournier
20 mars 2023

Merci Béa. Celui-là, je me le mets de côté. Ton article m'invite particulièrement à le lire. Ce retour vers la jeunesse m'intrigue.

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