top of page

HARLEM SHUFFLE de Colson Whitehead - Éditions Albin Michel

  • Béatrice Arvet
  • 4 mars 2023
  • 2 min de lecture

Phénomène de la littérature américaine, Colson Whitehead a remporté deux fois le prix Pulitzer pour deux romans puissants, concentrés sur des pans méconnus de l’histoire des afro-américains. Plus axé sur le polar, « Harlem Shuffle », son huitième titre, toujours aussi palpitant, se situe dans le Harlem des années soixante, en pleine effervescence immobilière.


Ray Carney ne voulait surtout pas ressembler à son père aux activités louches, qui l’avait quasiment abandonné à la mort de sa mère. Après bien des efforts, il a créé son magasin de meubles sur la 125ème et formé une jolie petite famille tout en rêvant de monter dans la hiérarchie sociale. Lorsque son cousin lui propose de braquer l’hôtel Theresa, il refuse net. Jouer les fourgues pour quelques babioles ok, Ray n’est « pas un voyou, juste un peu filou », mais pas question de gros coups. Cela ne l’empêchera pas d’être mêlé à l’affaire et de passer plusieurs nuits blanches à la recherche d’une solution lui évitant des représailles probablement mortelles.

1959, 1961, 1964 – Le casse, la vengeance, les émeutes. En trois dates, Colson Whitehead mêle l’histoire d’un quartier où sévissait un taux de criminalité record à celle d’un gars de Harlem sans cesse écartelé entre sa volonté d’honnêteté et l’impossibilité de s’y tenir. Il farfouille dans les arrière-boutiques de commerces honorables, où se déroulent de juteuses transactions, où s’échangent de mystérieuses enveloppes et où, parfois, soigneusement enroulé dans un tapis persan, on trouve un cadavre à faire disparaître.

Un pas en avant, un pas en arrière, à gauche, puis à droite, tout en restant dans le périmètre prévu, l’histoire de Ray avance au rythme de la « Harlem Shuffle », cette danse populaire créée par Bob & Earl en 1963, reprise par les Rolling stones en 1986. La morale fluctuante de son héros permet à l’auteur de « Nickel Boys » d’aborder ses thèmes de prédilection - violences raciales, classes sociales… - tout en s’adonnant avec le même talent au registre policier, nouveau pour lui.

La suite des aventures de Ray est en préparation dans deux autres tomes traitant des années 70 et 80. On s'en réjouit d’avance.


Béatrice Arvet

REPÈRES


Né en 1969 à New York, Colson Whitehead est diplômé de Harvard. En tant que journaliste, il a publié dans le New York Times, Salon et a été critique littéraire pour The Village Voice. " Underground Railroad " (Albin Michel) a obtenu le National Book Award en 2016, le Pulitzer et la médaille Carnegie en 2017. Barry Jenkins, le réalisateur de Moonlight (Oscar 2016) a réalisé une série sur Amazone qui a remporté le Golden Globe Award. Chose rarissime, Colson Whitehead a été une 2ème fois lauréat du Pulitzer pour « Nickel Boys » (Albin Michel, 2020).

 
 
 

Commentaires


bottom of page