CIBLE SIERRA de Victor K - Éditions Robert Laffont
- Béatrice Arvet
- 7 mai 2022
- 2 min de lecture
Ancien de la DGSE, Victor K. connaît tous les rouages du Service Action (SA), chargé des opérations clandestines n’ayant pas vocation à être revendiquées par l’état. Il en fait un roman palpitant dans lequel la fiction n’est jamais loin de la réalité du terrain. Un bel hommage à des héros de l’ombre, sans qui notre pays serait sans doute moins sûr.

Le lieutenant-colonel Coralie Desnoyers, chasseur alpin émérite, tireur d’élite, s’est distingué en Afghanistan, en Iraq ou au Mali. Envoyée en urgence au Liban pour protéger la visite du président français après l’explosion au port de Beyrouth, elle le sauve in extremis d’un attentat. Reconnaissant, il la recommande pour diriger le SA, le patron actuel étant sur la sellette. Femme parachutée au cœur d’une guerre entre un service dépendant de la DGSE et le COS (Commandement des Opérations spéciales) relevant de l’armée, elle subit un entrainement express excessivement dur, avant d’être plongée au cœur de l’action. Sa première mission ? Éliminer un certain Steve alias Sierra, homme d’affaires américain ayant permis à Donald Trump d’être élu et intrigant dans toute l’Europe afin de créer un puissant mouvement d’extrême droite. On reconnaîtra sans peine le personnage, mais l’affaire n’est pas simple, la cible est méfiante et bénéficie d’appuis haut placés.
Très précis dans son propos, sur les entrainements, les lieux, les armes, Victor K. nous fait vivre au rythme de ces agents anonymes, forces mentales et physiques, qui acceptent de risquer leur vie lors d’opérations dont ils ne recevront jamais les honneurs. Coralie alias Athéna affrontera des situations à hauts risques, diplomatiques, moraux et physiques. Victor K. les met en scène de manière particulièrement réaliste, mêlant les différents enjeux géopolitiques du moment aux secrets d’état. Une bonne dose d’espionnage, de l’action, un brin de sexe, une pincée de scandale… ce roman « vrai » débute une série, qui pourrait prendre hardiment le relais du regretté « Bureau des légendes ».
Béatrice Arvet
Article paru dans l'hebdo La Semaine du 17 février 2022




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